samedi 11 septembre 2010

Abbé Isidore OUEDRAOGO : « La corruption est un terreau de paupérisation »

Le 21 janvier 2010, l’organisation catholique « Evangile pour tous » a organisé une conférence publique sur la corruption. C’était sous la présidence de Mgr Philippe OUEDRAOGO, Archevêque métropolitain de Ouagadougou. Le Secrétaire Exécutif National de l’OCADES Caritas Burkina, Abbé Isidore OUEDRAOGO a été le principal animateur de cette conférence dont le thème était « Le chrétien face à la corruption ». Après un diagnostic sans complaisance de ce fléau au Burkina Faso, il a préconisé des mesures pour y faire face.

Le conférencier a donné deux orientations principales à son thème : Comprendre d’abord la corruption faire ensuite une lecture théologique de la corruption comme un enjeu évangélique et d’évangélisation. Mais au préalable, il a servi au public du Conseil Burkinabè des Chargeurs (CBC) plusieurs définitions de la corruption contenues dans le Code pénal burkinabè, des documents des Nations Unies, de Transparency International, du Conseil Episcopal Latino-Américain. Toutes les définitions se rejoignent sur un fait : la corruption est une gangrène pour la société. Elle annihile tout effort de développement. Pire, elle est, selon l’Abbé Isidore, « un terreau d’enracinement et de croissance de la paupérisation des populations ».

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Le présidium

Pour le conférencier, au-delà de la question éthique du droit ou des limites de l’enrichissement, la vraie question à se poser porte sur les finalités voulues à travers les richesses. Comment se fait-il que certains arrivent à s’enrichir si vite et bien, pendant que la majorité du peuple s’enfonce jour après jour dans la pauvreté sinon la misère ? Il est donc nécessaire pour tout chrétien de lutter contre les systèmes corrompus ou « structures de péchés » selon l’expression du Pape Jean-Paul II de vénérée mémoire. Et c’est justement à ce niveau qu’apparaît l’enjeu évangélique. En invitant les uns et les autres à identifier la personne à corrompre ou la victime de la corruption au Christ, l’Abbé Isidore rappelle ce passage en Mathieu 25,31-46 : « ce que vous aurez fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous l’avez fait ». C’est donc, poursuit-il, notre relation à Dieu lui-même qui se joue dans nos relations sociales, et spécialement dans la corruption. Que faut-il donc faire ? Le conférencier dégage quelques pistes de réflexion :

Au niveau individuel : éviter tout compromis dans les prises de décisions en face de la corruption, être ferment d’un monde nouveau selon l’appel du Vatican II (LG 31),prier et se ressourcer toujours au contact de la Parole de Dieu, etc. Au niveau de la vie en société : introduire un code de bonne conduite dans le management de l’entreprise, sanctionner les manquements ;être regardant sur la valeur des cadeaux, les notes de frais, l’utilisation des moyens de l’entreprise à des fins privées ; faire savoir aux fournisseurs les règles de saines relations que l’entreprise veut entretenir avec eux ;éduquer la jeunesse et les générations futures au sens et au respect des valeurs sociales. ..

Arsène Flavien BATIONO

flavien.b@ocadesburkina.org

Chargé de Communication et de Plaidoyer

OCADES Caritas Burkina


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